Les femmes d'AfriqueInterviews

Nadia CHERIF-RAGUIBI

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1- Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours et vos activités

La diversité, l’immigration, le nomadisme et l’action ont jalonné mon parcours de vie qui commence par ma naissance en France dans un environnement multiple.

Le Maroc, la France, les outils à utiliser pour pouvoir vivre avec sa famille ici et là suivi de ce sentiment de ne jamais être à sa place parce que le monde est grand.

Être issue d’une famille de nomade donne cette force et ce courage de quitter la France pour étudier à l’étranger (en Irlande) ainsi que d’autre membre de la fratrie (10 enfants) pour revenir régulièrement au berceau afin d’avoir le bonheur de voir ses parents qui ont tout donner pour une vie meilleure malgré le choc culturel qu’ils ont acceptés.

A la chance d’avoir des origines Marocaines vient s’ajouter des racines saharaouis de la tribu des Rguibates via mon père Moulay-Ali CHERIF RAGUIBI (qui avait créé avec ses frères et cousins l’association des saharaouis marocains de France et d’Europe à la fin des années 70 avant la marche verte). Cette narration a fait partie de mon quotidien pendant des années jusqu’au jour ou après un tour du monde sous forme d’année sabbatique je me suis arrêtée à Dakhla où mon cœur de Nomade m’a murmuré c’est l’endroit où tu peux dresser ta tente.

Je préfère écrire que beaucoup d’entre nous ont eu la possibilité d’étudier et de se battre afin de faire partie d’un univers professionnel qui permet d’évoluer, d’être à sa place. Celle qui fait sens.

Depuis 2021, je suis une fille d’immigrés marocains qui a décidé de faire le chemin inverse, mes parents ont traversé la méditerranée pour que je puisse avoir un avenir meilleur et aujourd’hui je pense que l’avenir est au Maroc et plus particulièrement en Afrique. D’autant plus que notre roi Mohamed VI que dieu lui vienne en aide nous a fait part de sa volonté de nous voir revenir.

Mon profil qui s’alimente d’expérience dans différents domaines (Finance, communication et bien être) qui m’ont permis de constater les enjeux du développement des continents avec lesquels je suis en lien (Europe et Afrique).

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2- Et votre vie professionnelle

Mon parcours professionnel consiste en une première partie de vie d’une vingtaine d’années en Europe essentiellement en France dans le domaine financier de l’asset Management. Mes domaines de compétences la gestion et la vente m’ont conduit naturellement vers la communication.

Ma participation à des chroniques radiophoniques et télévisuelles ont contribués à affermir mon expérience dans ce domaine de la communication tant privée que publique.

Aussi ai-je enseigné la communication, la gestion du stress et la prise de parole en public dans un cadre académique et associatif.

Depuis 2021 je suis consultante indépendante à travers mon entreprise Umalidy en France et au Maroc dans les domaines de la communication et ll’accompagnement/installation d’entreprise.

J’ai été très sensible au message de notre roi que dieu lui vienne en aide qui nous a témoigné son attachement et nous permet aujourd’hui de revenir au Maroc en toute sérénité.

3- Et pourquoi ce secteur d’activité

La zone Sud Maroc est une région qui est en pleine expansion avec des opportunités concrètes.

L’ayant moi-même vécue j’ai constaté que l’accompagnement d’investisseurs ou d’entrepreneurs est difficile notamment pour les binationaux.

Les Marocains du monde ont cette réticence vis-à-vis du Maroc quand il s’agit d’observer et d’agir. Ils ont peur par manque de représentation.

La crainte de ne pas comprendre, de ne pas faire le nécessaire, de ne pas savoir vers qui se diriger ? trouver la personne qui a le même parcours et donc comprendre ?
Sans parler de la notion de temps qui est très très différente au Maroc.

Je le visualise comme la chanson de Sting : I am an alien in Morrocco. Versus I am an english man in New York.

La prise en charge des Marocains du Monde est d’une importance vitale pour le Maroc car si ces enfants ne peuvent pas prendre racine alors qui peut ?

Afin de mettre à profit mon expérience et favoriser l’apprentissage de l’écosystème de Dakhla aux nouveaux venus qui veulent investir de la diaspora, j’ai endossé le rôle Ambassadrice CGEM Marocains du Monde à Dakhla.

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4– Quels sont vos projets à venir ?

Je travaille entre le Maroc et la France sur ces sujets mais aussi sur l’aspect Nomade solidaire avec la gestion de projet à impact. Accompagner les projets associatifs à se développer pour aider la prochaine génération.

Que ce soit dans la communication, le bien-être ou tout simplement l’utilisation du réseau pour les plus isolés.

L’altruisme et l’humanisme sont des boutons qui sont actionnable pour que nous puissions vivre dans un monde moins égoïste et donc en paix.

5- Quels sont les moments ou événements qui ont changé votre vie

Lorsqu’en classe de troisième mon professeur m’a dit que je ne pouvais pas continuer une scolarité classique malgré mes résultats. C’est la première prise de conscience qui m’a fait sauter du statut d’adolescente à jeune adulte puisqu’il m’a fallu me battre en agissant pour obtenir ce droit d’étudier comme les autres et non pas à côté des autres.

L’autre moment marquant c’est le courage d’immigrer vers un pays qui n’est ni le Maroc ni la France et se dire que c’est dure avec une tendre pensée pour mes parents. C’était difficile car je devais travailler et aider mes parents tout comme ma sœur qui était elle aussi étudiante aux Etats-Unis. C’est une expérience qui soude les liens familiaux.

Mon mariage et la naissance de mon fils, car n’étant pas marocain il y a eu ce questionnement de la transmission et de la filiation. Avec ce vœu que mes petits-enfants puissent réaliser que mes grands-parents viennent d’un petit village Smarra du sud Maroc, que mes parents sont nées à Casablanca, que je suis née à Argenteuil et que mon fils est né à Paris avec un nom qui ne reflète pas ses origines marocaines. Je souhaite de tout mon cœur qu’il puisse être aussi fière de ses origines marocaines que moi.

C’est pour cette raison qu’en 2018 j’ai amorcé mon retour au Maroc et plus particulièrement à Dakhla pour revenir vers le désert de mes ancêtres.

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6– Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

C’est tout d’abord de ne pas se poser de question car tout est possible malgré les difficultés. Oui c’est un combat que de prendre sa place ou obtenir ce que l’on veut surtout lorsque qu’il y a des refus mais si la demande est motivée avec des arguments valable il faut se jeter dans l’arène.

Comme disait Wilson Churchill :
« Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. »

Savoir s’entourer, avoir les bons bagages, et utiliser son intelligence émotionnelle car le black Swan est partout (écrit par Nassim Nicholas Taleb).

Ce ne sont pas les plus fort ou les plus fortunés qui réussissent mais ceux qui sont constant avec une idée bien précise.

Il y a tant d’exemple à donner mais je préfère que ces femmes qui cherchent leurs places puissent être les modèles que nous aurons le plaisir de voir dans un avenir proche.

7- Votre avis sur la situation de la femme au Maroc

La situation de la femme en France se résume à cette citation :
N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. Simone de Beauvoir.

Concernant la situation de la femme au Maroc bien sûr qu’il y a encore tant à faire mais je constate qu’elles sont courageuses qu’elles étudient afin d’être des actrices économiques conscientes. Nous sommes dans une phase ou l’indépendance financière est le nerf de la guerre. Viens ensuite la relation à l’homme dans une société qui reste très patriarcale.

8– Votre avis sur le site ?

C’est un site qui a le mérite d’exister pour donner du contenu à un public qui a besoin de lire le visible et l’existant car il y a tellement de portrait à publier.

Donc merci pour le simple fait d’exister

9– Dernier mot ?

Remplacer le mot risque par opportunité

Entretien réalisé par Aziz HARCHA
Mai 2023

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